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9 mars 2008

To nowhere

J'en avais marre de cette journée qui n'avait servi à rien et qui se prolongeait inutilement. Nous attendons le bus pour rentrer au milieu de tous ces étudiants qui ne me laissent même pas prendre une place assise sur les murets de la place, dans cet endroit inconnu et définitivement loin de tout. Un groupe de jeunes filles en vient même à me manquer de respect en m'insultant parce que je daigne poser mes fesses sur une partie du muret qui leur était dédié tous les jours.

C'est là que j'ai décidé, sans rien te dire au premier abord, de tester une de mes "capacités". J'y réfléchis, j'y réfléchis puis finalement je t'interpelle et t'annonce que ça ne peut plus durer et que je vais me téléporter, que je suis désolé mais que je ne sais plus rester.

Tu ne t'en étonnes pas, tu n'acquiesces pas. Après tout, pour moi aussi cela semble normal. Je prends ton silence pour un accord et ta façon de me regarder pour de la résignation. Tu m'aurais même contredit que je n'en aurais fait qu'à ma tête.

Et c'est là que tout commence à s'écrouler: la téléportation, nécessitant quelques modifications dans le mécanisme de la réalité du monde, ne se produit pas comme prévu. Je suis bien dans un autre endroit mais pas là où je voulais être, je ne suis pas très loin de toi.
Dans ce bâtiment gigantesque dont la fonction est indéfinie mais dont j'admire l'architecture et l'espace, je me promène et les gens qui font de même ne me voient pas. L'angoisse monte en moi, je suis mon instinct et mon sens de l'orientation pour revenir vers toi. J'entends finalement les voix de l'extérieur ainsi que la tienne mais je ne peux me décider à sortir car j'ai honte de ne pas avoir pu me téléporter là où je voulais.

Je continue donc à me balader dans le bâtiment, à voir quelques personnes qui vont et viennent sans me voir ni me sentir et l'angoisse devient le seul sentiment m'envahissant. Je me suis désynchronisé de la réalité.

Je décide de trouver une issue à ce problème, il est inconcevable de réutiliser la téléportation dans cet état. Je commence à crier et à courir partout mais personne ne m'entend. Je reviens à la porte qui mène à la sortie et je ne peux même pas tenter de l'ouvrir. Je n'entends que les voix derrière mais je suis prisonnier et impuissant. Je décide de prendre les choses avec calme et de retourner sur mes pas. Je dois trouver une issue pour sortir de ce bâtiment.

Je trouve à même le sol du bâtiment une fleur rouge en bouton, je décide de la ramasser pour te l'offrir quand je serai sorti d'ici et éventuellement me faire pardonner de cette regrettable erreur. J'ai fais le tour du bâtiment à plusieurs reprises sans trouver d'issue, mon espoir de te revoir s'amoindrit.
J'ai ouvert une porte que je ne devais pas ouvrir et ma sentence a été prononcée.

Dans un dernier relent d'espoir je reviens vers la porte derrière laquelle tu te situes, sur le chemin, une fleur bleue en bouton mais toujours plantée dans un pot rempli de terre se présente à moi. Elle est encore plus belle et a plus de valeur à mes yeux. Je la cueille afin de pouvoir t'offrir les deux si j'arrive à sortir de ce bâtiment.
Quelques pas plus loin, les pétales de cette fleur se séparent et je me retrouve avec ces pétales éparpillées dans la main, je tente de les conserver soigneusement malgré ce problème et j'avance de plus en plus vers la porte mais mon espoir est aussi détruit que cette fleur, la réalité s'impose à moi, je ne te reverrai plus jamais.
Dans cette réalité parallèle, la seule chose qui ait désormais de l'importance est de savoir si tu me connais et si tu sais ce qui m'est arrivé. Je pense très fort en moi-même :
"Je suis capable de t'entendre, éclate en sanglots et crie si tu es consciente de ce qui s'est passé avec moi".

A ce moment, je t'entends derrière la porte pleurer et crier à cause de ma disparition. Mon seul lien avec ce monde est donc toujours présent. Cela signifie donc que je n'ai plus besoin de rester ici, le monde s'éteint... Je cesse d'exister.

NDLA : Les rêves sont parfois très intéressants et empreints de sensations uniques. Il y a énormément de rêves qui ne m'ont pas laissés indifférent dans le courant de ma vie et ils portent toujours en eux des messages tellement profonds que moi seul peux les comprendre. Ce rêve (que j'ai fais il y a deux jours) ne représentera pas du tout la même chose pour vous, le plus important étant les sensations uniques procurées et surtout le sentiment final qui m'a marqué. Un récit tellement intéressant que je ne pouvais le laisser sous silence. Il vous semblera peut-être confus mais dans mon monde de rêve, certaines choses deviennent habituelles et à défaut de les comprendre, j'arrive à les accepter.

19 février 2008

Ce message a été rédigé demain...

Un professeur de physique de l'université de Washington, John Cramer, a annoncé il y a maintenant quelques mois qu'il réunissait des fonds afin de mener une expérience sur la rétrocausalité, le moyen d'envoyer un message vers le passé. Il ne s'agit pas encore d'aller prévenir J.F.K. de son assassinat avant que ce dernier se produise, loin de là, mais ce serait une avancée qui permettrait à l'être humain d'interagir à contre courant temporellement parlant (et qui ouvrirait je ne sais quelle altération de la réalité telle que nous la connaissons, mais passons...).

L'expérience semble plausible et ne néglige qu'une seule loi de la mécanique quantique qui pourrait par ce biais être redéfinie. Il va de soi que si j'en avais eu les moyens, mon support aurait été apporté, hélas dans ce genre de domaine, je ne peux que rester spectateur actuellement.

L'exposition de cette idée n'est pas le seul but de ce message, j'ai, par amusement, curiosité et envie, envoyé un email quelque peu énigmatique à cet homme :

(En anglais évidemment et avec les formes de politesses qui lui sont dues) Cher monsieur Cramer, il m'a été difficile de comprendre que c'était vous qui m'aviez envoyé ce message parlant des gouttes d'eau dans le lac paisible. Je suis tout à fait d'accord avec cette représentation et vous fait savoir par la présente que votre expérience est définitivement réussie...

L'impulsion du moment a été suivie d'une réflexion littéraire. Il pourrait s'agir d'un bon début d'histoire où l'on considérerait que si le sieur Cramer se décide un jour d'envoyer comme message celui que je lui ai soufflé à l'oreille, un paradoxe serait évité.

Enfin bref, une folie passagère qui peut-être aura sa signification un jour...

17 février 2008

Une infinie culpabilité...

"Je suis responsable de tout...", pensais-je, "... car je suis tout l'univers, de sa création à tout ce qui m'entoure, à tout ce qui est en train de s'écrouler à côté de moi."

Un verre de plus en cette soirée d'habituelle solitude, il fait sombre dans ma bibliothèque, l'éclairage n'est assuré que par cette faible lampe donnant sur mes feuilles et livres éparpillés sur mon bureau.

Je suis fatigué mais je ne peux dormir car la solution vient de m'apparaître, aussi inconcevable, inacceptable et horrifiante qu'elle soit, je viens de me prouver à moi-même que l'univers n'est que le fruit de ma propre personne, je porte en moi la douleur des guerres, des maladies, de l'évolution du monde, des conflits entre les autres êtres humains, de la planète et de l'existence qui sont en phase de déclin.

Hors de toutes ces images, je ne peux voir que mon infinie culpabilité, celle que j'ai cherché durant toute ma vie. Au moins j'ai aujourd'hui une excuse : "Que pouvais-je faire d'autre ? Une existence doit partir de rien, je n'en peux rien si j'ai fait d'énormes erreurs à mes débuts, ces énormes erreurs dont le poids de plusieurs millénaires écrase l'instant présent et l'enfonce irrémédiablement vers un avenir infernal. Comprenez-moi, j'étais comme un enfant qui apprenait par l'erreur."

NDLA : Je n'arrive pas à trouver le temps pour écrire un livre en entier actuellement, mais les idées s'enchaînent et se bousculent. C'est pourquoi j'ai décidé de faire de la place et d'exprimer en quelques courts paragraphes les idées prédominantes des ouvrages sur lesquels je pourrai éventuellement travailler dans l'avenir. Ou qui pourront servir de base à d'autres écrivains en manque d'inspiration... Qui sait!

20 janvier 2008

Bravo Tamara!

La soeur de mon meilleur ami nous a annoncé lors de la dernière lan une nouvelle qui ne m'a étonné qu'à moitié : Son premier spectacle (One Woman Show) se donnait avant hier devant un public de 180 personnes dont nous faisions partie Wivine et moi.

Etonné à moitié car j'avais déjà entendu vaguement parler de ses écrits et de sa participation acclamée au tournoi d'interprétation de l'école secondaire que nous avions fréquentés tous les deux. Mis à part cela, je n'avais jamais pu juger de son talent.

C'est donc avec un gros point d'interrogation au dessus de la tête que je me suis rendu à la représentation dans la salle des Chiroux ici à Liège.

Je ne cache pas qu'une pointe d'inquiétude s'est imposée à moi avant le début du spectacle, dans un "one woman show", il est très facile de tomber dans les clichés et le réchauffé, chaque artiste possède sa personnalité mais les spectacles tournent autour de thèmes assez communs et regorgent de "gags" prévisibles.

Quelle ne fût pas ma surprise quand j'ai pu constater que Tamara avait réussi haut la main à créer un spectacle original, amusant du début à la fin et sans faute en ce qui concerne l'innovation. Elle s'est même risquée avec brio à jouer le rôle de personnages communs dans les spectacles tout en leur donnant une nouvelle facette à explorer. Ici, pas de cliché, pas de réchauffé, pas de tout public et en plus une pointe de culture tout en restant très accessible. Mon regard inquiet s'est vite transformé en regard souriant et plus soucieux de profiter du spectacle que de m'attarder sur les détails techniques.

Après un final extraordinaire, qui à lui seul mériterait d'être récompensé, je me suis aperçu qu'enfin je m'étais retrouvé dans la peau d'un spectateur et non pas d'un "critique" qui avait quelque détail à reprocher.

Et pour cela, je te dis bravo Tamara car tu es une des premières artistes à me procurer cet effet, je conserve un excellent souvenir de cette soirée. Je te souhaites une très bonne continuation bien que ce ne soit pas nécessaire car il est clair qu'un tel talent te mènera loin de toutes manières...

12 novembre 2007

Parle à Mongul, Marvel est malade

Le hasard a fait que la société de location de jeux vidéos à laquelle j'ai souscris m'a envoyé les uns à la suite de l'autre 3 jeux dont le thème était les comics américains.

- Superman Returns
- Spiderman : Friends or Foe
- Marvel Ultimate Alliance

Les deux premiers m'ont plu sans plus, ils étaient agréables à jouer, peu originaux mais bien plaisants (Spiderman est un très bon défouloir). Le troisième par contre m'a réellement ouvert aux comics car on y découvrait une multitude de personnages, leur histoire, des situations et traits d'humour qui influencent encore et toujours les films, BD et dessins animés d'aujourd'hui dans le monde. Le monde de Marvel semble très stéréotypé, mais en fait les stéréotypes, quels qu'ils soient viennent de là. C'est donc avec un grand intérêt que j'ai découvert entre autre Dr Strange, Mephisto, Dr Doom, les 4 fantastiques (sous un tout autre jour que dans le film d'animation). Et cela m'a réellement plu...

Une passion naissante pour les comics ? Pourquoi pas, j'irai vérifier sur ebay les disponibilités de versions originales de certaines BD... Je n'en ferai pas collection mais m'y intéresse de près.

8 octobre 2007

D'un angle à l'autre...

Un très vieux projet d'écriture qui me tient à coeur est aujourd'hui libérateur d'une certaine dose de stress et de remise en question. A la veille de l'annonce d'une nouvelle importante, je prends un seau et vide mon esprit de choses abstraites accumulées pendant un certain temps afin de commencer la rédaction de ce livre parlant de l'existence sous plusieurs angles très différents.

Ce livre sera un recueil de "petites" histoires qui s'imbriquent sans en avoir l'air, questionnant des concepts tels que la survie, le bilan d'une existence, ce pourquoi on vit, nos origines, le destin etc...

Mon but est de dépeindre un monde tellement à la limite du réalisme qu'il serait difficile d'envisager justement que deux de ces histoires se passent au même endroit.

Inutile de dire que j'aurais besoin d'énormément de support dans cet acte, pour pouvoir l'effectuer jusqu'au bout, mais la motivation est là et dés aujourd'hui, les premières briques sont posées pour deux de ces histoires.

En avant première, voici un extrait de chaque histoire :

...La personne qui me tendait la main s'en aperçoit et crie « Essaye de remonter le pont complètement! Il est blessé! ». J'entends un bourdonnement plus fort que le précédent, j'ai toujours des difficultés à entendre les sons aigus et en plus du sang qui continue de couler sur mon bras, atteignant maintenant ma nuque et une partie de mon dos, je reçois des pierres et de la poussière sur le visage. Je comprends maintenant que le bourdonnement familier et que le mouvement des débris du pont auxquels je suis accroché sont occasionnés par ma propre voiture essayant de les remonter...


...J'aurais bientôt neuf ans et il sera temps à mon tour de faire partie du rituel, aujourd'hui c'est justement au tour d'un de mes très bons amis. Nous avons décidé de nous dire adieu en allant visiter une dernière fois la région des trois temples qui contiennent les restes des connaissances de nos ancêtres. Nous nous sommes amusés ensemble à encore une fois comparer nos points de vue en ce qui concerne l'interprétation des prophéties mais sans nous aventurer trop loin dans le déni de l'interprétation qui avait été faite par « l'envoyé des Dieux » qui nous dirige. Je lui ai avoué que j'étais envieux et que je me réjouissais de me retrouver à sa place, il m'a annoncé que ce n'était pas nécessaire, qu'en tant qu'élu je serai de toutes manières envoyé auprès des dieux et qu'il fallait que je continue à étudier notre héritage afin d'être prêt et de leur apporter le bon message...


23 juin 2007

L'atelier de Lecture asbl

Je viens d'assister à la remise des prix du concours international d'écriture de cette année organisé par l'atelier de Lecture. Pour ceux qui ne me connaissent pas ou qui n'ont pas lu la totalité de mon blog, j'ai passé un an aux cotés de Jean-Luc Davagle afin de réorganiser la gestion du concours et d'assister le gestionnaire du projet dans sa tache au meme titre que lui.

Encore une vraie réussite pour ce concours grandissant d'année en année, et je suis fier non seulement d'avoir été cité parmi les personnes remerciées mais également que le système informatique complexe et sur-mesure constitué pendant cette année de travail acharné soit maintenant considéré comme tout à fait fiable. La preuve en est de la confiance de Jean-Luc qui a annoncé aujourd'hui que la totalité (je n'ai pas dis "entièreté", hein, Jean-Luc!) du concours serait gérée par le site Internet, de manière électronique. Il y a évidemment d'autres raisons à ce choix (facilité d'organisation etc...) mais je suis heureux de l'importance de la pierre que j'ai apporté à cet édifice.

Pour plus d'informations : http://www.leaweb.org

14 janvier 2006

Récit épisodique 3

Pour le plaisir de tous (y compris le mien) voici une occasion de vous plonger encore plus profondément dans ce récit... Enjoy !



Episode 3 - Echappatoire ?

Tous les deux tournés vers cet inconnu qui semblait les défier du regard, ne laissant transparaître aucune bonne ou mauvaise intention. Son grand sourire semblait trop exagéré pour être honnête mais dans son visage, on ne pouvait trouver aucune trace de sournoiserie évidente. Après l'observation vient la réflexion, Manu se prépare à baisser sa vitre quand Yann l'interromp brutalement :
- " Eh, qu'est-ce que tu fais ? Lâche ça, ce mec est malade, tu as dis toi-même qu'il avait failli me tuer hier et aujourd'hui tu lui fais confiance. Tu crois qu'il veut simplement nous parler ? Dans ce cas il n'a qu'à hausser le ton et c'est tout !"
- " Du calme... Que veux-tu qu'il fasse de plus avec notre fenêtre ouverte, si il avait voulu nous tuer il l'aurait déjà fait. Tu sais, une vitre de voiture, je ne pense pas que ça empêcherait une balle de passer, c'est une voiture robuste mais quand-même...".
- " Moui, une balle peut-être pas...", réplique Yann pensif, " Mais si il avait décidé d'utiliser un moyen plus subtil du genre... Nous envoyer une grenade."
- " Je ne sais pas si tu cherches à te venger de mon humour dû à ma nervosité ou si tu as réellement réfléchi à la question mais ok, je lâche..."
Manu lâche la poignée très lentement en regardant Yann, comme si il lâchait une arme devant le nez d'un policier tout en essayant de ne pas faire de geste brusque. Puis, il ajoute :
- " Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?"
Le feu devient vert à ce moment, Manu redémarre lentement, l'inconnu avance à la même vitesse, tournant son regard de temps en temps vers eux.
Yann réfléchit un instant et dit :
- "Je ne sais pas à qui il en veut, je vais descendre au prochain feu là devant, on verra qui il suivra..."
- "Trouve autre chose, on ne se sépare pas et tu vas peut-être te retrouver à pieds face à un psychopathe motorisé..."
- "Ok, je vais juste faire mine de descendre au prochain feu alors, pour voir sa réaction."
- "Si ça t'amuse. Moi, mon plan c'est : Je tourne après le feu vers la gare des guillemins pour monter vers le Sart-Tilman, ici on est sur un boulevard, pas moyen de prendre de la vitesse pour le semer."
Ils arrivent au feu, eux et l'inconnu sont toujours au même niveau. Discrètement, Yann attrappe la poignée de la porte et la tire...
- "C'est coincé !"
- "De quoi ?"
- "La portière de ta voiture est coincée !"
Manu se penche vers Yann tout en s'étirant pour saisir la poignée à son tour et la tirer sans succès. Il se relève, tente d'ouvrir la portière de son côté, se tourne vers Yann et lui annonce : "Nous sommes piégés !"
- "Attends, la vitre, j'essaie. Ah meeerde, elle ne descend pas non plus, essaie de descendre la tienne... Légèrement"
Tout en se tournant vers l'inconnu, Manu remarque le sourire de ce dernier se raviver tandis qu'il essaie en vain de descendre la vitre de sa portière.
Le feu devient vert et ils redémarrent.
Manu est très nerveux, le silence dans la voiture s'installe. Ils tournent dans une rue à droite, en direction de la gare. L'inconnu n'a d'autre choix que de se rabattre derrière eux. Ils roulent, toujours dépendants de la circulation, à allure modérée. Arrivés en bas de la côte menant au Sart-Tilman, ils accélèrent, l'inconnu fait de même.
Yann pense au ridicule de la situation... Ils sont tous les deux emprisonnés mais en même temps en train de s'échapper. Que ferait une saucisse emprisonnée dans son bocal pour ne pas être emportée lors du premier petit creux ? Et le bureau qu'il doit rejoindre le lendemain... Pour son premier jour de travail ! Les idées les plus chaotiques s'entremèlent dans son esprit, il lui est difficile d'avoir des choses plus concrètes en tête ou de se concentrer sur la situation actuelle. Arrête de penser ,Yann, revoici le mal de tête que les événements avaient réussi à te faire oublier...
Un peu plus loin, Yann se retourne pour constater que l'inconnu est toujours juste derrière leur voiture, il se tourne ensuite vers Manu et lui demande :
- "Et si tu m'expliquais... Pour la mort de K-Min ?"
Manu, d'un air calme ne traduisant pas son état d'esprit du moment répond :
- "K-Min, comme je te l'ai déjà expliqué, est parti peu après que le gars juste derrière ai entamé la discussion avec toi, vous êtes sortis etc... Cette partie de l'histoire là, je te l'ai déjà racontée...
Bref, j'étais fatigué et je t'ai laissé au café en face de chez moi. Tu avais rencontré une fille au bar et j'en avais marre de tenir la chandelle, de plus, on a failli se disputer tous les deux tellement tu étais lourd.
Je suis sorti et j'ai entamé, par précaution, un tour du quartier... La curiosité m'a poussé jusqu'à retourner discrètement vers le Factory... C'est dans une rue située un peu avant la boîte que je vois un tas de gens rassemblés dans la rue en robe de nuit, en short et t-shirt... Puis j'aperçois en avançant au travers de toute cette foule des lumières de girophares. Je me suis approché et j'ai vu la voiture de K-Min calcinée, je sais que c'est la sienne car je l'avais remarquée et d'ailleurs il m'en avait fait faire le tour. Elle était "tunée" de manière assez spéciale, il n'y en a pas deux comme la sienne.
J'ai demandé à un témoin, qui venait de se faire interroger et qui semblait toujours sous le choc, ce qui s'était passé. Il m'a expliqué que le propriétaire de la voiture était en train de démarrer quand deux personnes lui ont demandé de s'arrêter, il les a pris à l'arrière et quelques mètres plus loin il a vu ressortir ces 2 personnes... Mais pas le chauffeur. La voiture s'est arrêtée puis Boum!"
- "Tu me racontes ça alors que nous sommes dans ta voiture, coincés avec un de ces dingues aux trousses..."
- "Désolé, tu voulais connaître l'histoire..."
- "Justement, il y a plusieurs choses qui me chiffonnent et qu'il est temps de m'expliquer
Primo: Pourquoi tu m'as emmené en voiture après ce qui s'était passé ? C'est complétement inconscient !
Secundo: Qui t'a téléphoné dés notre départ? Il me semblait avoir compris qu'il te disait où aller, qu'est-ce qu'il en est ?
Tertio: La fille du bar ? Qui était-elle ? Elle s'appellait Anne-Marie ? Comment se fait-il qu'elle ait été au courant d'un - événement majeur de cette soirée qui aurait des répercussions sur mon avenir - ?"
- "Je vais répondre à tes deux premières questions, mais pour le reste, je n'en sais vraiment rien..."

4 janvier 2006

Récit épisodique 2

Merci à tous pour le support et les commentaires par mail/blog/en live, ça m'encourage à continuer dans cette voie. Voici le tant attendu deuxième épisode...

Episode 2
- L'inconnu et l'inconscience…
A la lecture du message, Yann
perçoit le mot « mort » comme un cataclysme. Ce mot résonne et se répercute dans
la totalité de sa boîte crânienne, un mouvement fictif amplifié par l’état dans
lequel les folies de la soirée d’hier l’avaient laissé. La limite avait cette
fois été atteinte, il était coupable d’une chose grave sans que sa conscience
n’ait eu l’occasion de s’en imprégner. Manu n’est pas du genre à plaisanter,
surtout ces derniers temps. Ce dernier venait de perdre bêtement son travail et
bien que tout le monde le rassure constamment en ce qui concerne ses capacités,
il n’arrive pas à retrouver au plus profond de lui-même son estime.

Appeler le destinateur du message ?

Oui Non


L’appui sur une touche de son téléphone
allait tout déterminer, bien que ce soit le seul moyen d’y voir clair, il
hésitait à franchir le pas. Dans certains cas, il vaut mieux avancer les yeux
fermés. Dans ce cas-ci, si ses yeux ne s’ouvraient pas sur la vérité, il ne
pourrait peut-être pas la gérer lorsque celle-ci s’imposerait à lui.

Une
tonalité, deux tonalités…
- « Allô ? C’est toi ? Tu es enfin réveillé… »

La voix de Manu est morne, impossible d’en définir le ton, il pouvait
être fâché ou fatigué mais, et ça ne le rassure qu’en partie, en aucun cas
paniqué.
- « Oui c’est moi, qu’est-ce que c’est que cette blague ? »
- «
Dehors, je t’attends dans la voiture. »
- « …Ok. »

Il raccroche le
téléphone et retourne au salon. Cette pièce est toujours sombre, le volet fermé,
uniquement illuminée par la porte de la chambre restée entrouverte. Il allume,
jette un regard autour de lui, ses chaussures sont à leur place habituelle, il
les empoigne et observe leur état avant de les enfiler : boueuses à souhaits
comme si il s’était promené dans les bois ou sur un chantier.
Il ferme la
porte et descend les escaliers avec hâte, il n’habite qu’au premier.
Arrivé
en bas, à travers la porte en verre, il remarque la vieille Ford brune de Manu
garée de l’autre côté de la rue, le côté « vintage » de cette voiture, comme il
en parlait, lui a toujours plu. Il peut également apercevoir la silhouette de
Manu en train de fumer une cigarette, l’autre main sur le volant. Yann traverse,
ouvre la portière et s’assied sur le siège en cuir beige destiné au passager. La
fermeté du siège qu’il reprochait souvent à Manu était ici loin de ses pensées.
- « Je stresse là, explique-moi tout. », dit Yann en se rongeant
nerveusement les ongles et en fixant la route devant lui, en aucun cas il
n’aurait pu regarder Manu dans les yeux à ce moment.
- « Chut… attends,
encore quelques secondes. »
Le téléphone portable de Manu se met à sonner,
ce dernier décroche, Yann se tourne vers lui, quasiment dans un sursaut :
-
« Oui, il est à mes côtés, et après ? », répond Manu à une phrase hélas
inaudible pour son passager.
Il raccroche et démarre le moteur.
- « Si
au moins tu m’expliquais, qui est mort et où va-t-on ? »
- « Tu te souviens
de Anita Hey ? »
- « Le morceau que nous avions composés avec le
rappeur africain ? »
- « K-Min oui, il est mort. »
La voiture démarre
pour s’arrêter quelques mètres plus loin, à un feu de signalisation venant de
passer au rouge.
- « Attends, K-Min est mort ? Quel rapport avec moi, le
morceau et la soirée d’hier ? »
- « Hier, nous étions avec Evy et ses amies
au Factory, K-Min est arrivé peu après. »
- « K-Min était là ? Ca fait un an
qu’on ne l’avait plus vu… »
- « T’étais déjà dans un sale état. Le gros
désavantage quand on fête son nouveau boulot, ce sont les verres qu’on ne peut
pas refuser… Bref, tu t’es mis à chanter dés que tu l’as vu,
en souvenir du
bon vieux temps comme tu n’arrêtais pas de le répéter.»
- « Oui,
possible… Et ?»
- « Et peu après, il y a un autre gars qui est venu, un
inconnu un peu plus âgé que nous, la trentaine je dirais. Il t’a offert des
verres et t’a pris à part pour te parler, j’ai cru comprendre qu’il
s’intéressait de très près à cette chanson : Anita Hey, il te posait
des questions sur les paroles que tu venais de prononcer mais tu n’étais pas
vraiment capable d’y répondre. »
- « Attends, à quoi il ressemblait ? »
- « Cheveux foncés, courts, maigre, de taille moyenne, impossible à définir
mais son visage était particulier, je pourrais le reconnaître. »
- « Pas
très précis, je ne vois vraiment pas, ça pourrait être n’importe qui... »
La
voiture redémarre.
- « K-Min est parti à ce moment, sans dire au revoir. Tu
es resté une vingtaine de minutes avec lui et puis vous êtes sortis. J’ai voulu
me joindre à vous avant votre départ mais je pensais que tu le connaissais
peut-être. Je vous ai quand même suivi car je ne savais pas du tout qui c’était
et toi tu n’avais déjà plus de bonnes capacités de jugement... Tu t’es arrêté un
peu plus loin pour vomir, tu es resté appuyé contre le mur quand une femme et un
homme plus âgés sont venus s’ajouter, j’ai clairement entendu qu’il les
présentait comme des amis. »
- « Attends, c’est eux qui ont tué K-Min ? Ils
m’en voulaient à moi aussi ? »
Un autre feu de signalisation passe au rouge
quelques mètres plus loin, obligeant de nouveau Manu à s’arrêter.
- «
Possible, c’est là que je me suis décidé à intervenir. J’ai fait semblant de
rien, je me suis approché et j’ai fait mine de t’avoir reconnu. A ce moment, ils
ont sorti un truc, ça ne ressemblait pas à une arme, c’était plutôt un truc
électronique ou médical, je t’ai attrapé par le poignet et j’ai couru, tu as
couru derrière-moi comme tu le pouvais mais tu étais plus un poids qu’autre
chose, tu as failli tomber plusieurs fois, tu t’accrochais aux murs...
Heureusement, ils ne nous ont pas suivi, j’ai juste entendu la femme dire : Laisse, c’est-lui. Je ne sais pas comment l’interpréter, je dois être
également mouillé dans cette histoire, peut-être que tout le groupe l’est ; j’ai
imaginé des tas de choses, je n’ai pas dormi cette nuit… Bref, on a coupé par
l’immeuble en construction juste à côté et on a fini au fond du café en face de
chez moi, j’étais stressé, je tremblais. Toi tu ne te rendais compte de rien et
tu as continué de boire. Puis, il y a eu cette fille… »
A ce moment, Manu
s’arrêta net, il fixait le rétroviseur intérieur de sa voiture et des perles de
sueur commençaient à suinter sur son front, il se tourne vers Yann et lui
annonce : « C’est lui, le gars qui t’a emmené dehors, juste derrière nous ! ».
Yann se retourne, demande à Manu : « Tu es sûr ? Son visage ne me dit
vraiment rien. ».
A ce moment, l’inconnu entame une manœuvre pour se placer
à leur gauche, devant le feu de signalisation. Une belle voiture grise,
apparemment neuve dont la vitre droite était baissée. Les 2 passagers de la
vieille Ford se tournent tous les deux vers lui, inquiets, ne sachant que faire.
Cet inconnu, avec un grand sourire, leur demande au moyen d’un geste de baisser
la vitre de leur voiture à leur tour.

1 janvier 2006

Récit épisodique

J'ai enfin sauté le pas, voici le premier épisode d'un récit sur lequel je vais travailler pendant des mois voire des années. Je n'en dis pas plus, je vous laisse constater, critiquer, poser des questions, votre "feedback" est le bienvenu !

Episode 1 - Une chambre, un lit, un homme…

Nous sommes dans une chambre presque vide mais le peu d’objets présents
sont désordonnés : des vêtements par terre et le tapis de sol en boule en sont
les éléments les plus notables. La lumière éclatante du jour traverse des
rideaux blancs légèrement mus par un vent faible pénétrant par le haut de la
fenêtre. La lumière, au travers de ces rideaux, se pâlit. Cela donne une
impression presque irréelle, un halo de lumière blanche qui vient s’ajouter à la
pâleur des murs saumon, de la porte grise et du carrelage blanc.

A
gauche de la porte, un matelas est posé directement sur sol. Les draps blancs
sont rassemblés d’un seul côté de ce « lit », pour cause, un homme est couché
dessous, la tête orientée vers la fenêtre et proche d’objets positionnés de
manière moins chaotique qui, dans une chambre normale, seraient disposés sur une
table de nuit.

Une lumière blanchâtre traverse ses yeux qui viennent de
s’ouvrir, il aperçoit dans l’image floue qui parvient à ses yeux des rideaux
blancs familiers. Il bouge les yeux afin de scruter les alentours, ne voit
toujours pas exactement quels sont les objets qui l’entourent mais reconnaît les
couleurs de sa propre chambre… Et ça le rassure ! Il se dit : « Je suis vivant,
chez moi, dans mon lit… ».

Après le réveil vient la conscience. La
conscience de la fatigue, de l’horrible mal de tête qui le fait souffrir, de la
vision qui est toujours floue… Tiens justement, il tend péniblement le bras vers
les objets disposés à ses côtés, à tâtons, il attrape une paire de lunettes
qu’il s’empresse d’enfiler, il se remet sur le dos et relève la tête.

Le
mal de tête augmente, il fixe du regard une esquisse représentant une montagne
et un village oriental, seule décoration ornant les murs fades. Sa vision se
déforme légèrement, une sorte de double image se découpe vers le haut et vers le
bas puis se refocalise correctement. Il a la tête qui tourne, le résultat de la
soirée précédente qui aurait pu lui réserver une autre issue et dont il essayait
en vain de se rappeler les évènements. Il jette un œil autour de lui, rassemble
ses vêtements et remarque des chaussures à hauts talons et des bas nylons. Il
ignore comment elles ont atterri là mais se souvient précisément de qui les
portait la veille. A ce moment, on entend frotter les pieds d’une chaise dans la
pièce voisine, puis on entend faiblement des pas de pieds nus sur le carrelage
qui se rapprochent. La porte s’ouvre, il se tourne vers elle et aperçoit, vu sa
hauteur, un pied féminin pénétrer dans la chambre, il lève les yeux et aperçoit
la propriétaire des chaussures, habillée comme la veille, qui avec un sourire
radieux sur un visage magnifique s’adresse à lui.

- « Bonjour toi, ça va
mieux ? »

Il reste admiratif le regard fixé sur la poitrine très jolie à
contempler, puis descend vers les jambes fines et prend un temps avant de lui
répondre, sans vraiment savoir ce qui s’était passé entre eux, pourquoi elle
était là…

- « Je ne pense pas que ce soit possible d’être dans un état
pire que celui dans lequel je suis actuellement. »

Il se recouche,
tourne la tête vers les beaux pieds nus auprès de lui, elle s’accroupit afin de
continuer la discussion.

- « Tu veux que je t’amène quelque chose ? Une
aspirine ou un autre médicament ? »
- « Non, ça ne sert à rien dans ce
cas-ci, c’est très désagréable mais il n’y a rien d’autre à faire que de laisser
passer. »
- « Ok… Je vais te laisser, de rien. »
- « De rien ? »
Le
sourire s’est transformé peu à peu en regard de déception, elle se relève, fait
le tour du lit pour récupérer ses bas et ses chaussures, elle enfile ces
dernières, garde les bas en main et retourne vers la porte.
- « De rien,
c’était en réponse au merci que j’attendais de toi, quand tu t’es retrouvé seul
et que tu n’étais plus en état de rentrer chez toi, que je me suis proposée vu
que rien ni personne ne m’attendait à la maison, que j’ai subi tes arrêts pour
vomir, tes cris, tes réflexions… »
- « Euh…Désolé, mais je ne me rappelle
pas de grand-chose de la soirée, ça va me revenir, reste qu’on en discute s’il
te plaît. »
- « Non, je ne reste pas ici, j’ai des gens à voir, des choses à
faire… Bye. Pas besoin de me raccompagner. »
Il n’était pas vraiment en
mesure de réfléchir, toutes les idées se mélangeaient dans sa tête, la seule
phrase qu’il arrive à faire sortir de sa bouche est :
- « Dis-moi… On a
couché ensemble ? »
- « Tu n’as qu’à deviner… En même temps, tu aurais
plutôt intérêt à attacher de l’importance à l’autre évènement majeur de la
soirée car celui-là au moins risque d’avoir des répercussions sur ton avenir… »
Elle sort de la pièce, referme la porte. Il la retient avec sa main pour
qu’elle reste entrouverte et hausse le ton.
- « Eh, attends, de quoi tu
parles ? Reste ici et explique ! »
Elle s’éloigne et crie : « Tu le sauras
assez tôt, bon courage ! »
On entend la porte qui mène à l’extérieur de
l’appartement se refermer. Il se lève péniblement, ouvre la porte, traverse le
salon lentement en titubant et se cogne la jambe contre un meuble. Il se tient
la jambe endolorie, la frotte pour faire circuler le sang, fais quelques pas à
cloche-pied avec hâte, ouvre la porte de son appartement, passe la tête dans le
couloir et regarde des deux côtés, le couloir est vide, elle est déjà partie…

Il retourne dans sa chambre, s’assied sur le matelas, empoigne ses
vêtements, enfile son t-shirt, son pull puis son pantalon et enfin ses
chaussettes. Il reste là un moment, fouille ses poches à la recherche d’un
mouchoir et en ressort un bout de papier sur lequel figure un nom et un numéro
de téléphone portable : Anne-Marie 0465/81 62 93.
- « C’est peut-être le
sien… »
Il continue à fouiller, trouve le mouchoir dans une poche et son
téléphone portable dans l’autre, ce dernier est éteint, il l’allume, entre son
code PIN et en profite pour regarder l’heure, il est 13h40. Peu après l’allumage
de son téléphone, il est averti par une sonnerie qu’il vient de recevoir un
message texte. Il consulte ce message qui provient de Manu, un des amis avec qui
il était la veille : « Tél moi, prob d’hier aggravé durant la nuit, 1 mort !
».